Qu'est ce qu'une maison passive ?
Par boutade, par simplification, on pourrait dire qu'une maison passive est une maison sans chauffage. Les reportages (Capital & Co) aiment bien les présenter comme des maisons ou il suffit d'allumer une bougie pour gagner un degré.
Pour arriver à cet objectif, de nombreuses méthodes sont possibles, mais pour atteindre le standard "Maison Passive" défini par le PassivHausInstitut, trois résultats sont impératifs :
- Ne pas dépasser 15 KWh/m2/an de chauffage
- Que la consommation totale d’énergie primaire (chauffage, eau + électroménager) ne dépasse pas 120 KWh/m2/an
- Une excellente étanchéité à l’air avec un paramètre n50 < 0,6 h-1, soit un renouvellement maximal de 0,6 fois le volume de la maison par heure en surpression ou dépression de 50 Pascals
Ces chiffres sont à comparer aux normes actuelles et futures avec une modération à avoir car les normes ne sont pas directement comparables :
- Réglement Technique 2000 : 150 à 200 KWh/m2/an
- RT 2005 : 100 KWh/m2/an
- Effinergie (objectif RT 2012) : 50 KWh /m2/an
- Maison Passive : 35 KWh/m2/an hors électroménager ou 42 KWh/m2/an avec (estimation en Allemagne). La norme à 120 KWh/m2/an est plus un garde-fou pour la construction tertiaire.

Pourquoi 15 kWh/m2/an de chauffage ?
Tout simplement car la théorie et les réalisations existantes prouvent que sous ce seuil, une maison n'a plus besoin de système de chauffage indépendant.
Elle se chauffe "toute seule" : les apports du soleil et ceux de ses habitants suffisent à maintenir une température agréable (19−21 degrés) et cela tout au long de l’année (c’est à dire autant l’hiver que l’été).
Comment arriver à cet objectif ?
Principe de base : Optimiser l'essentiel
Des concepts de construction pour optimiser la demande en énergie sont recherchés depuis plusieurs années. Trop souvent, cependant, ils ont nécessités la mise en œuvre de technologies trop sophistiquées.
L'intérêt du concept de la maison passive est précisément sa simplicité. Comme son nom l'indique, l'économie d'énergie est réalisée principalement par l'utilisation de stratégies passives. En optimisant les éléments principaux indispensables, un système conventionnel de chauffage devient superflu.
Minimiser les pertes de chaleur avant de maximiser les gains de chauffage
- En premier lieu, il faut réduire énergiquement les pertes de chaleur. Les pertes par transmission thermique peuvent être réduites par une excellente isolation de l'enveloppe du bâtiment. Les pertes par ventilation peuvent être réduites par une étanchéité totale du bâtiment à l'air, en combinaison avec un système mécanique de ventilation forcée double flux et un récupérateur de chaleur à haut rendement.
- Grâce à une orientation bien choisie des fenêtres et baies vitrées et à leur bon dimensionnement, le rayonnement solaire peut être utilisé comme apport de chaleur passive externe. En supplément, la chaleur dégagée en interne par les occupants et les applications domestiques constituent une contribution utile à la demande résiduelle de chaleur.

- Utiliser toutes les énergies ambiantes
- Réaliser une isolation thermique parfaite
- Assurer l'étanchéité à l'air
- S'équiper d'une ventilation double flux à récupération de chaleur
- Choisir des énergies complémentaires
Une maison passive coûte donc plus cher !
Oui et non. Les gains sur l'équipement et la consommation de chauffage notamment (dix fois inférieurs à ceux d’une maison standard) compensent partiellement le surcoût dans l’isolation et une ventilation plus performante.
Le surcoût initial théorique est donc de l'ordre de 10 à 15%, mais peut être très supérieur si la démarche passive est complétée par une démarche "écologique".
En considérant le coût "global" d’une construction sur une durée "de possession" moyenne, le concept de construction selon le standard "maison passive" est le plus économique actuellement et s’avère nettement plus rentable dans le temps que d’autres constructions à l’investissement initial peut-être plus "léger".
Personne n'en construit
alias : il n'y en a pas donc pourquoi s'embêter
Si les derniers chiffres publiés parlaient de 10 à 12 000 bâtiments passifs en 2007, les choses ont bien changées puisque 2009 voit la barre des 20 000 dépassées selon le projet Européen PassNet.
La répartition géographique est terrible pour la France, mais il faut quand même avancer avant d'être trop en retard.
Quelques références bibliographiques :
En plus des références "institutionnelles" présentes sur la page LIENS, voici quelques liens ponctuels avec des explications pertinentes.
La construction passive selon notre Bureau d'Etudes (FIABITAT). N'hésitez pas à faire le tour de leurs Dossiers
Une définition un peu plus technique de LaMaisonPassiveFrance
Après EkoPedia dans les Liens Utiles, voici la version Wikipedia
Une excellente présentation multimédia par la plateforme maison passive Belge
Une conférence détaillée d'Adeline Guerriat sur le concept de la maison passive
Et n'oubliez notre liste de questions / réponses .…


Votre site est très bien fait et résume bien le malaise en France qui ne règlemente pas les maisons passives (Label Allemand) qui sont plus efficace que les BBC ou effinergie.
D’autant plus qu’il ne couterait pas beaucoup plus cher d’augmenter l’épaisseur de l’isolation de 20% (20% de laine de verre ou de chanvre ne coute pas beaucoup plus cher), de mettre des triples vitrages à isolation renforcée et d’étanchéifier le tout. Cela demande un travail de haute qualité qui est exigible par les clients.
Les propriétaires doivent se mobiliser et exiger une maison passive pour le même tarif que ce qui est appliqué aux BBC (qui est déjà fort cher !).
La maison passive…
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